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Les Déferlantes d'Argelès sur Mer 2010... au deuxième jour...

Le Samedi 10 Juillet 2010

Après une première journée en forme de feu d'artifice, c'est d'un pas guilleret que nous nous rendons à Valmy. Sans rire, après sept prestations ad minima excellentes, nous ne pouvons que voir encore mieux, encore plus fort. Bien sûr, nous avons, tout au long des mois passés émis quelques doutes sur tel et telle artistes présents ce soir mais bon, nous ne demandons qu'à être surpris agréablement et à revenir sur nos a priori...

tableauiggyUn petit peu de retard pour commencer, pas grave, cela nous permet de prendre un verre au bar vip, de discuter quelques secondes avec l'excellent Christophe Gillmett qui officie chaque soir avec un talent fou et nous offre des toiles d'autant plus hallucinantes et fabuleuses qu'elles sont peintes en une heure. Un petit coucou à Cali qui passe par là et voici que retentissent les premières notes de notre premier calvaire de la soirée !

Deuxième gagnant du tremplin organisé par RTL2 - qui compte-tenu du niveau de ce groupe n'a pas du avoir son mot à dire !!! - Jack of Heart nous fait d'emblée l'impression d'être assis chez le dentiste, un arrachage de dent sans anesthésie en cours. Sans aucune originalité, le groupe au chanteur (!!!!) moulé dans sa robe rouge nous assène pendant 45 très très longues minutes un rock certes puissant mais dénué de tout sens mélodique cohérent. Visiblement pourvu de quelques fans, Jack of Heart pousse nombre de personnes vers les bars du site. Peut-être rentable pour l'organisation mais pour la musique pas sûr !

bbruneFrais et pimpants après avoir traînés quelques instants au bar vip, les BB Brunes doivent relever le challenge - pas très dur avouons-le - de prendre le relais après ce déluge cacophonique. Il n'y pas si longtemps que cela, nous avions dit le peu de bien que nous pensions du trio - désormais quatuor - de bébés rockers. Autant dire que c'est à reculons que nous nous plongeons au milieu d'une foule d'ados conquis d'avance. Premiers accords, première chanson et - ô miracle - voilà que ça fonctionne, que nous nous surprenons à taper du pied et à secouer gentiment la tête en rythme. Que nous arrive t'il ?... Un brusque retour de flamme ?... Un trip voyage vers le futur ?... Un abus de ces volutes illicites qui nous entourent tout d'un coup ?... Non, rien de tout cela, juste la surprise de découvrir que le groupe a nettement progressé en quelques mois et  a pris une ampleur que nous ne lui prédisions pas. Certes, tout cela reste un peu tendre et gentillet mais nous sommes loin de ce rock basique qui nous faisait hurler de rire lors de la sortie de leur premier album. Sautillants et inspirés, les quatre BB arrivent sans forcer à nous convaincre qu'ils ont désormais une place pérenne sur la scène rock française. Reste à savoir capitaliser et à ne pas perdre en cours de route ces fans qui grandissent trop vite et sont toujours prêts à se jeter dans d'autres bras !!! Une petite mention spéciale catégorie humour pour cette mère de famille placée à côté de nous qui, se retournant vers la personne qui l'accompagnait, lui dit : "Mais qu'est-ce qu'ils sont moches !!!"... Ah, que ne pouvions nous avoir un avis critique aussi fin !

Quelque peu rassurés par la très bonne prestation des BB Brunes, nous nous retournons curieux vers la petite scène où débute le set d'Electric Octopus Orchestra. Le duo guitare batterie nous laissera une opinion mitigée. Autant nous lui reconnaissons une vraie volonté de créer quelque chose de neuf et d'intéressant, autant, peu aidé  par un son alternatif, le groupe n'arrive pas à nous convaincre. Manque de nuances, trop linéaire, le set nous est agréable à écouter mais au final ne nous laisse que peu de souvenirs. Juste une pointe de curiosité qui nous fera dans les mois à venir nous déplacer dans une salle pour les voir dans un contexte plus propice à la découverte...

publicRetour sur la grande scène pour applaudir l'une des plus grandes dames du rock mondial. Une petite pensée émue pour notre photographe qui doit faire son travail dans les pires conditions du festival avec un seul morceau pour shooter et un angle carrément impossible. Il est des desiderata d'artistes que l'on a parfois un peu de mal à comprendre. On peut vouloir comprendre que madame Patti Smith ait envie de préserver son image mais dans ce cas là, faut qu'elle arrête de cracher toutes les trente secondes sur scène et de baver l'eau qu'elle boit, ça fait un peu plus désordre que deux ou trois photos de concert !... Au-delà, puisque nous sommes ici malgré tout pour parler de musique, Patti Smith a su envoûter un public qui n'avait, dans sa grande majorité, pas entendu la plupart de ses chansons auparavant. Certes, les mauvais esprits que nous sommes mettrons cette apparente côte d'amour sur les volutes opiacées qui immédiatement ont volé autour de nous dans la fosse mais le résultat est là, la foule réagit, chante, applaudit, salue comme il se doit ce petit bout de femme qui se donne à fond sur scène. Un concert sans accroc où monte tranquillement une belle énergie qui, de façon très prévisible, se libère lors d'un "Because the night" hyper nerveux. Et si, à titre perso, nous avons décroché assez rapidement, c'est plus par migraine gangienne involontaire qu'à cause de la qualité de la prestation de madame Smith... Un décrochage a priori que n'ont pas vécu les quelques 8000 autres personnes présentes sur le site...

C'est donc l'esprit aéré par quelques longs instants passés au vip que nous retournons vers la pelouse de Valmy histoire de découvrir Gush. Fort d'un premier album, "Everybody's god" excellent, le groupe devait en toute logique prendre une dimension encore plus forte sur scène. Loupé !... Le quatuor n'a su que nous délivrer un set banal, des mélodies qu'une production lisse et sans relief rendaient anecdotiques, presque mauvaises même. Et ce n'est pas l'arrivée d'Izia sur scène pour un titre qui allait changer les choses, Gush s'est selon nous loupé sur cette prestation et n'a réussi qu'à faire passer le temps aux gens, sans les attirer et a fortiori les convaincre. D'autant que le groupe a eu à subir le côté rock punk des techniciens de l'iguane réglant, sans se gêner le moins du monde, les instruments en plein milieu de leur concert. Sachant à quel point il est dur de se produire dans ce genre de circonstances, nous ne jetterons pas le bébé avec l'eau du bain mais force est de constater que nous avions là notre deuxième cata de la soirée... en espérant qu'elle soit la dernière !

iggyNoir complet sur le site. Cette fois-ci, tout le monde est prêt et blottis que nous sommes au milieu de la fosse, nous sentons l'énergie monter, l'électricité se charger dans les corps, prête à s'expulser dès les premiers accords de la première chanson du grand Iggy. Comme souvent en pareil cas, il fallait être au centre de cette foule pour comprendre le phénomène Iggy Pop. Sans la moindre période de montée en puissance, le papy du rock déboule sur scène avec son énergie débordante, secouant d'emblée la foule, la galvanisant et provoquant immédiatement jumps et pogos. Enchaînant les titres ultra puissant à la vitesse de la lumière, Iggy Pop n'a laissé à personne le soin de souffler, poussant chacun à hurler son bonheur de se retrouver face à ce mythe vivant, à cet alien de la musique. A 63 ans, le godfather of punk sait mieux que quiconque faire souffler un vent de folie dans une fosse, faire sauter les jeunes et les moins jeunes (dont nous sommes) et laisser, une heure de concert plus tard, une foule où brillent mille sourires apaisés. Une fois de plus, après Jacques Dutronc hier et Patti Smith aujourd'hui, Iggy Pop nous rassure sur cette jeune génération qui, n'ayant pourtant pas connu l'âge d'or de ces artistes, est capable de s'enthousiasmer sur eux et leur offrir une dose immense d'amour et de bonheur communicatif... Et si, en tant que spectateur anonyme, quoique sautillant, au milieu de la fosse, votre serviteur a une critique à faire malgré tout sur cette prestation, c'est bien dans le fait qu'elle fut nettement trop courte. Une telle dose d'énergie étant par nature rare, une petite demi-heure de plus n'aurait pas été du luxe !... La prochaine, amis de la Frontera, soyez sympas avec les pauvres rédacteurs devant se taper des horreurs musicales tout au long de l'année et offrez leur une petite dose de rab... merci d'avance pour eux :)

eiffelDifficile, voire impossible, de passer derrière une telle tornade sans prendre de gros risques !... C'est donc avec courage qu'Eiffel, le groupe de l'excellent Romain Humeau, monte sur scène pour prendre le relais. Premier constat, le groupe "bénéficie" d'un son pourri, le plus pourri jusqu'à présent, et ses chansons en souffrent énormément. On sait à quel point nous sommes fans du groupe à la rédaction. Pourtant, il ne nous a fallu que quelques minutes pour nous réfugier loin de la petite scène afin de ne pas trop pleurer devant un tel gâchis. Bien sûr, la petite bande a fait le taf mais franchement, quand on a la qualité d'Eiffel, aussi bien musicalement qu'au niveau des textes, tout mettre à terre à cause d'un son ignoble, cela fait rager. On aura, malgré tout, eu la consolation d'entendre, à peu près bien, "Minouche" et "A tout moment la rue", nos deux titres préférés du dernier album du groupe.... Allez, challenge pour nos gentils organisateurs locaux, offrir à Eiffel une scène pour montrer au public catalan à quel point ils sont excellents !!! Qui le relève ???

iziaVous n'imaginez pas la conscience professionnelle qu'il faut pour rester dans un concert quand on commence à avoir sommeil et que l'on sait pertinemment que le dernier artiste de la soirée fait partie de nos plus grandes interrogations du moment. On hésite, on se dit qu'on serait mieux dans un bon lit, que franchement on a déjà vu l'artiste sur scène et qu'au mieux son concert sera supportable, que l'on se doit de rester pour nos lecteurs, pour les organisateurs... bref une tonne de raisons contradictoires qui se bousculent jusqu'à ce que retentissent les premières notes du concert d'Izia. Et là, me direz-vous, que se passe t'il en nous ?... Ben rien justement !... Mis à part une mise en valeur de son string, la jeune chanteuse (on devrait plutôt dire hurleuse car chanteuse franchement on voit pas où ni quand !!!) ne nous propose rien de neuf par rapport à sa prestation dans un autre festival l'an dernier. Basique, banal, sans aucun intérêt, son rock fait juste mal aux oreilles et à notre amour de la musique. Un jour, il faudra que quelqu'un nous explique ce que la presse et les professionnels peuvent bien lui trouver (à part sa filiation bien entendu !!!) pour l'encenser à ce point ?! En tout cas, à en juger par le flot de personnes que nous avons dépassé en fuyant le site de Valmy, nous ne sommes visiblement pas les seuls à trouver inutile cette chanteuse.

Ceci dit, il y a comme une forme de logique à commencer et à finir par une catastrophe auditive. Reste que, malgré cela, cette deuxième journée aura été illuminée par le fabuleux concert de monsieur Iggy Pop !... Un deuxième soir en demie teinte mais qui, au final, ne nous a pas déçu, preuve s'il en est qu'une seule prestation réussie peut effacer tous les ratés... Demain dimanche, c'est repos, de quoi remettre la machine dans le bon sens, permettre à nos oreilles d'arrêter de siffler et remettre un peu d'énergie dans le corps pour affronter les papys de Deep Purple, le rebelle Saez et la révélation Gossip... Rendez-vous mardi pour le dernier report de cette édition qui, pour le moment, tient toutes ses promesses !

A lire aussi : Le premier jour des déferlantes (Coeur de pirates, Jacques Dutronc, Renan Luce)

et le dernier jour (Saez, Deep Purple, Gossip...)

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