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Lundi 12 Juillet
Nous y voilà... Après un dimanche de repos, que certains d'entre nous ont mis à profit pour regarder un étrange mix entre karaté et football, nous reprenons le chemin du Parc de Valmy. Le coeur un peu serré, comme à chaque fois que cette parenthèse enchantée se referme, nous montons, tant bien que mal compte-tenu des "mono-neurone" que nous avons la malchance de croiser, la côte qui mène à notre nirvana musical estival. Il fait chaud, très chaud et l'on se prend à rêver d'un coup d'une plongée dans la grande bleue. On se dit, dans le même temps, que l'on est chanceux d'être posés à l'ombre du vip tant le soleil cogne fort sur les crânes et les corps. Pourtant, malgré la température trop élevée pour être honnête, la foule des grands jours est une nouvelle fois au rendez-vous, donnant d'emblée le ton d'une soirée qui promet d'être chaude bouillante...
Bon, une fois de plus, point de dj à l'horizon. A notre avis, prévu pour ouvrir le bal, il a dû s'endormir brutalement jeudi dernier et n'a pas réussi à se réveiller depuis... Pas grave, car le premier groupe envahit déjà la petite scène - appelée joliment Scène de la Vague - et d'un pas pesant, nous nous dirigeons vers ces notes qui s'égrènent au loin. Après la catastrophe de samedi, une petite appréhension monte en nous. Vite balayée par le beau tempérament des Waterlillies et de son rock décomplexé. Certes, tout ceci n'est pas d'une originalité folle mais peu importe, il y a là une telle énergie, envie, joie visible de se trouver devant le public des Déferlantes que l'on est immédiatement séduit par le groupe. Une belle découverte qui nous amènera très certainement à suivre de près les Waterlillies dans les mois à venir...
Quelques cris hystériques annoncent, sans que l'on ait vraiment eu le temps de décrocher des Waterlillies, l'arrivée sur scène de la première "tête d'affiche" du soir. On le sait, Pony Pony Run Run fait le buzz depuis un moment et bénéficie d'une jolie cote d'amour auprès d'un public tous les jours un peu plus nombreux. Son rock assaisonné à l'électro fait mouche d'emblée et nos petits pieds maltraités par des heures sur la pelouse ne peuvent s'empêcher de battre la mesure. Les Pony Pony nous surprennent par leur capacité à faire bouger une foule accablée par la chaleur. Vifs et entraînants, leurs titres s'enchaînent sans nous laisser le temps de souffler, nous conquérant par leur brio et la belle énergie qui s'en dégage. Après les Waterlillies, Pony Pony Run Run semble confirmer que le cru de cette troisième journée devrait être excellent...
Une bonne impression qui se confirme immédiatement après Pony Pony avec Okou. Le duo intrigue en premier avant de séduire avec sa folk world agréable, douce à entendre et à fredonner. La voix douce de Tatiana nous envoûte dès les premières notes et nous fait partir dans la stratosphère, rêvant doucement en regardant la pénombre s'installer doucement. Invitation aux songes et à la divagation, la musique d'Okou fait office d'oasis de fraîcheur dans une soirée orientée rock musclé. Le seul petit bémol viendrait peut-être, et encore pas sûr !, du caractère un peu répétitif du set qui peut faire craindre sur un concert d'une heure et demie un peu de lassitude... A confirmer ou infirmer en tête d'affiche d'un prochain concert...
Huit heures s'annonce quand montent sur scène les musiciens de Saez. D'entrée de jeu, le ton est donné, ça va cogner, tout le monde va aller dans le dur, le musclé. Point de Saez à l'horizon pendant le premier morceau. Effet prévu ou non, on ne le saura jamais même si, en laissant traîner une oreille, on se dit que l'absence de balance dans l'après-midi a poussé le groupe à faire tourner ce premier titre pour réaliser cette dernière à l'arrache en live pendant les premières minutes du set. Puis arrive Damien, jean informe, tee shirt informe, attitude informe. Peu importe me direz-vous, l'essentiel n'est pas le look mais la musique. Ok, ok, tout à fait d'accord avec vous !... Alors concentration sur le concert... Et début du grand huit !... Histoire d'installer l'ambiance, Saez entame un - long - morceau a capella, admirablement bien maîtrisé, il nous pousse néanmoins à sourire devant la charge violente contre le système qu'il comprend. Et à sourire franchement quand il jette au public pourtant enthousiaste un "vous êtes aussi morts que votre pays", signe de départ d'une déferlante de sons agressifs, de paroles rentre-dedans à la coloration politique certaine, et de musiciens déchaînés. Sans temps mort aucun, filant les titres sans pause, Saez offre une prestation à l'énergie et à l'esprit punk qui râvit votre serviteur. Ceci étant, et pour expliquer en deux lignes la cuisine interne, B Aware est cette année venu sur le Festival avec trois journalistes et une photographe. Et si, la plupart du temps, tout le monde est d'accord ou pas trop en désaccord, la prestation de Saez, elle, suscite une scission plus vive. Autant je suis enthousiaste devant l'attitude nihiliste de Damien, autant Marc, notre journaliste web préféré, lui, la rejette en bloc ou presque. Peu ou pas de charisme, agressivité trop grande de la musique, manque profond de communication avec le public, Marc est à l'unisson d'une bonne partie du public, dans le rejet plus ou moins grand de cette radicalité. Au final, Saez aura convaincu ses fans et laissé les autres à la porte de son univers. C'est dommage mais c'est aussi la règle du jeu, la culture a cela de passionnant qu'elle est subjective et ne souffre pas l'unanimisme...
Juste le temps de faire un coucou à Zazie venue faire un tour amical aux Déferlantes (qui sait, un repérage pour l'an prochain peut-être ???) et nous voici repartis vers la pelouse...
Face à nous, John & Jehn montent sur la scène de la vague. Bon, honnêtement, entre la baffe de Saez et l'attente impatiente de Deep Purple, j'avoue n'avoir jeté qu'une oreille distraite à ce groupe. La faute sûrement à une musique lisse et dénuée de toute intention malveillante. John & Jehn décline une pop aseptisée qui s'écoute sans déplaisir mais ne marque pas réellement les esprits. Si j'étais méchant, ce que je ne suis absolument pas, je dirais que c'est l'idéal comme musique d'ascenseur ou musique d'attente téléphonique. Bon, c'est un peu mieux que ça mais comme je serais bien incapable ce matin de vous en dire plus sur le groupe - si ce n'est que la robe de Jehn était vraiment fort courte :) -, dommage pour un espoir de la scène musicale !...
Ceci dit, compte-tenu de ce qui allait suivre, je devrais être plutôt positif avec John & Jehn !... Car amis lecteurs, je me dois de vous donner une info. Parfois, la vieillesse est un naufrage !... Et parfois, on se dit que le Titanic est une catastrophe moins grande que ce que l'on écoute. Deep Purple, puisque c'est de ce groupe dont je parle, m'avait plutôt laissé un bon souvenir lors de leur prestation au Parc des Expositions de Perpignan. Aussi attendais-je leur venue non pas avec impatience, ce serait trop fort, mais avec une certaine bienveillance. Et je dois dire que j'ai pris une grosse claque, que dis-je, une énorme claque !... Batteur à la ramasse, clavier à qui il est inutile de confier autre chose qu'un Bontempi, bassiste ayant dû abuser de liquide ambré, et surtout, surtout, chanteur gravement à bout de souffle, tout est ici pitoyable, indigne du statut du groupe anglais. Je veux bien que la retraite ne soit pas facile à vivre mais là, la coupe est pleine, ces cachochymes font peine à voir, massacrant allègrement leurs morceaux avec, apothéose suprême, la peine capitale appliquée au monument "smoke on the water". Je sais qu'on ne peut pas être toujours au top mais arriver à écorcher les oreilles d'un fan de métal, faut le faire !... Triste pantin sans âme, Ian Gillan devrait prendre le temps de regarder les prestations d'Iggy Pop. Cela lui donnerait peut-être l'idée de se remettre à chanter vraiment et de respecter son public. Car là, tout ce que mérite ce concert, c'est le mépris !
Autant dire qu'après cette douche froide, le cœur n'y était plus vraiment. Une telle déception, surtout après deux jours et demi de très bon voire très haut niveau, nous a mis une petite claque derrière les oreilles. C'est donc tout bougon que nous je me retourne vers General Elektriks, pour moi totalement inconnu. Un titre, puis deux, puis trois, et voilà le sourire qui reprend le chemin de mon visage. Alors, oui, si le concert commence plutôt bien, il a vite tendance à s'essouffler et à ronronner mais l'impression d'ensemble qui se dégage de tout cela est plutôt bonne, en tout cas pas désagréable du tout... Dommage seulement que le groupe n'ait pas su capitaliser la belle énergie des premiers titres pour nous faire grimper crescendo aux rideaux avec son rock sympatoche...
Deuxième réglage en live des instruments de la soirée - étrange étrange !!! - et voilà Beth Ditto qui prend d'assaut, et le mot n'est pas trop fort ! - la scène des Déferlantes. Avouons-le, je ne suis pas à la base fan de Gossip sur album !... Et ce ne sont pas les premières chansons qui allaient me réconcilier avec la petite troupe. Comme pour Izia, je ne peux m'empêcher de me demander ce qui peut bien pousser les gens, enfin une partie d'entre eux, à s'extasier devant cette musique mille fois entendue, mille fois jouée - souvent mieux d'ailleurs - un peu partout dans le monde ?!... Comme je le disais plus avant, venant du monde de la musique qui fait bouger les cheveux, la rebelle attitude ne me choque que très rarement. Je peux même adhérer à une démarche radicale telle que celle de Saez. Mais il y a des choses auxquelles j'adhère moins voire pas du tout, et parmi elles se trouve le manque de respect au public. Passe encore que Beth Ditto s'amuse d'entrée de jeu à faire un doigt d'honneur au public en ajoutant en substance "je vous emmerde tous et vive les homos"... Passe encore qu'elle expertore direct sur scène... Mais j'avoue que le rôt sonore et volontaire ne faisait pas, jusque-là, partie des effets de scène habituels. A ce niveau, difficile de parler de rebelle attitude, il s'agît juste d'un irrespect total pour ceux qui ont payé leur place et sont venus voir autre chose qu'un ersatz de chanteuse rock rebelle. Décidément, on a les punks que l'on mérite !... Sos, Sid revient !!!
Gossip ou la petite goutte finale de déception qui nous fait quitter le site, et pas seuls d'ailleurs, avant la fin. Au passage, une petite dédicace au "charmant" employé de la Police Municipale d'Argelès a qui, visiblement, le sifflet est monté à la tête et qui a transformé un simple fait de circulation (une déviation pour cause d'accident de voiture au loin) en grosse colère contre un individu incapable de s'exprimer avec plus de deux mots de vocabulaire !... Et dire que l'on songe à donner aux polices municipales des tasers !!!... Cela fait froid dans le dos rien que d'y penser !
Mais, me direz-vous amis lecteurs, et le Festival dans tout ça... qu'en ai-je pensé ?
Exercice difficile que de résumer en quelques mots ce qui prend plusieurs pages sur ce site... Vingt-quatre groupes se sont succéder et, à quelques rares mais violentes exceptions près, on ne peut que constater que le niveau de cette édition était franchement fabuleux. Nous avons vibré, danser, hurler à tue-tête, on a eu chaud, on a fait les fous au milieu des quelques 8000 autres festivaliers, bref on a passé, une fois de plus, trois jours de rêve dans un cadre magique et chouchoutés par une équipe d'organisation de loin la meilleure que nous connaissions. Une édition 2010 qui s'avère être le cru le plus excitant des Déferlantes jusqu'à présent et laisse présager de nombreuses années à venir aussi fabuleuses qu'enthouasiasmantes... Et dire qu'il nous reste un an à attendre !!!! Un an moins une seconde, moins deux, trois, quatre, cinq, six, sept...
>>> Report : Thierry - Marc - Géraldine
>>> Photos : Isabelle
A lire aussi : le premier jour (Coeur de pirates, Renan Luce, Jacques dutronc)
Et le deuxième jour (Iggy Pop, BB Brunes, Eiffel, Izia ...)
Voir les photos des déferlantes 2010
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