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Les Déferlantes d'Argelès sur Mer 2010... au jour le jour...

Vendredi 09 Juillet

publicdefj1Et voilà. Comme dirait l'autre, this is it !... On y est. L'attente n'est pas insoutenable mais pas loin. Après un an à penser à autre chose, à faire mille et un articles, à courir dans tous les sens entre interviews, concerts, rencontres, et fabrication du magazine, voici qu'enfin arrive notre petite respiration annuelle, ces fameux trois jours où l'on prend enfin le temps de se poser face à une scène pour (re)découvrir des artistes qui donnent tout, qui sont - plus ou moins - heureux d'être dans le cadre magique du Parc de Valmy et d'y recevoir cet amour dont sont emplis les catalans (et les autres bien sûr même si, pour le coup, ils sont moins nombreux).

Température de rêve pour entamer cette triplette de rêve. Ô bien sûr, l'on aurait aimé un peu plus de soleil et un peu moins de moiteur orageuse mais peu importe, le grand moment arrive et nous voici fins prêts à profiter pendant 7 bonnes heures d'un flot de notes et de chansons...

Arrivée sur le site sans encombre et première surprise. On savait la soirée complète depuis quelques jours mais nous ne nous doutions pas que dès 17h le public se masserait le long de la montée vers le Parc, long serpent amical qui avance sans heurt et sans nervosité particulière. Alors que lors des éditions précédentes les gens arrivaient petit à petit, laissant les un ou deux premiers groupes jouer devant un public clairsemé, cette saison voit une première innovation avec un parterre fort bien rempli pour la première à monter sur scène...

A peine le temps de faire un petit tour du site pour reprendre nos marques, voir les nouveautés - dont un écran géant qui donne une vraie dimension supplémentaire à chaque concert et est orchestré de main de maître par les équipes techniques du festival - et prendre la température, que déjà arrive sur la grande scène la frêle Suzanne Vega. Petit bout de femme presque perdue sur ce grand espace scénique, Suzanne entame doucement les hostilités, nous offrant une pop folk agréable, sans vraiment d'aspérité mais permettant de se mettre dans l'ambiance en douceur. Certes, la quasi totalité du public, dont nous, avouons-le, ne connaît d'elle qu'un ou deux titres (qui n'a jamais fredonné "My name is Luka" nous jette la première pierre) mais la chanteuse arrive au fil des titres, et avec un beau sourire en prime, à décoincer tout le monde et à faire bouger de nombreuses têtes. Pas d'hystérie collective mais une belle façon d'entamer le festival.

Premier changement de plateau et occasion de découvrir la nouvelle scène. De l'autre côté du parc, là où les années précédentes le Festival accueillait des DJ, une scène a été montée pour que la fête musicale soit continue et sans moment de répit. Honte à nous, nous n'avons pas retenu le nom du deejay chargé de mettre la première main à cette deuxième scène. Pas totalement de sa faute car son set fût un peu long à arriver et ensuite, disons-le, ne nous transporta pas au nirvana musical. Pas spécialement mauvais mais plat, presque banal, anecdotique en tout cas. Une tentative avortée qui nous rappelle combien était puissant le set de DJ Zebra l'an dernier au centre ville d'Argelès !

Retour à la grande scène pour le premier morceau de choix - sans aucun sexisme je vous rassure - de cette soirée. coeurdepirateUn piano au centre du plateau, seul, comme abandonné. Puis, à peine les premiers accords posés, une petite nana arrive avec un sourire éclairant magistralement un visage visiblement ravi de se retrouver face à 8000 personnes prêtes à vibrer de concert. Un premier titre un peu à l'arrache et voici que Béatrice Martin, alias Coeur de Pirate, prend la mesure de l'espace et du public, nous entraînant ensuite dans un joli set plein de fraîcheur et de beauté. Rock et pop, sautillant et posé, Cœur de Pirate sait alterner pour ne jamais nous lasser. A tel point que le dernier morceau arrivant, on a envie de lui demander de rester et de continuer à nous offrir d'aussi belles émotions.

Retour sur la petite scène pour la première vraie découverte du Festival. Gagnant du tremplin organisé par RTL2 et la FNAC, Mrs Wrong & The Fabulous Fake Twins accroche d'emblée notre attention avec son rock sans complexe, sa chanteuse inspirée et ses musiciens qui savent s'arracher pour emporter le morceau. Déboulant dans le Parc de Valmy avec un répertoire totalement inconnu pour la quasi totalité du public, le groupe réussit en deux temps trois mouvements à capter l'attention et à faire se dandiner nombre de personnes. Une joli découverte qu'on espère voir très vite sur la scène du Médiator par exemple...

Une indiscrétion ou deux nous avait laissés supposer que Mister Jacques Dutronc devait enchaîner avec Mrs Wrong. Seulement voilà, les éléments se sont déchaînés et le feu a bloqué un train du côté de Nimes. Pas de bol surtout que le dandy Jacques était dans ledit train !... Résultat, c'est Gérald de Palmas qui prend le relais sur la grande scène et, de fait, met littéralement le feu au public jusque là relativement sage. Sa pop variétoche, tout le monde la connaît. Soyons honnêtes, son dernier album ne nous a pas convaincus outre mesure. Trop linéaire, trop lent, pas assez "festif". D'où une certaine réticence à le voir ainsi se jeter sur la scène des Déferlantes avant le grand Jacques. Un premier morceau qui nous fait craindre le pire puis très vite de Palmas oublie le dernier album pour enchaîner ses tubes, faisant frémir la foule avant de la faire chanter à tue-tête la plupart de ses morceaux. Péchu en diable son set embale même les plus réticents, dont votre serviteur il faut bien l'avouer. De quoi, en prime, confirmer ce que l'on pense depuis fort longtemps, que la scène est vraiment l'endroit rêvé pour profiter pleinement d'un artiste. Et des prestations comme celle de Gérald de Palmas donnent tout son sens au terme spectacle vivant...

A peine le temps de reprendre notre souffle que la deuxième scène se rallume et voit le groupe SMOD la fouler. En deux titres à peine, le quatuor de Bamako nous conquiert, donnant aux Déferlantes une couleur world bienvenue et surtout très rafraichissante. Alors oui, on peut railler les chansons un peu trop naïves ou décalées par rapport à nos cultures, on peut se gausser de leur vision quelque peu manichéenne du monde mais ce serait faire insulte à ce groupe qui arrive à nous proposer quelque chose de nouveau, de frais et d'enthousiasmant. Sans compter que leur joie d'être sur scène se voit et ne peut que nous filer la pêche que l'on adhère ou non à leur musique...

dutroncLe noir est enfin de mise dans le ciel. Le public tout entier vibre, chante en choeur un célèbre titre de Queen et attend, le visage tourné vers la scène que le feu d'artifice commence. Une heure et quelques plus tard, un seul constat. Quel talent ! On l'imaginait escroc cachetonnant pour ses points retraite, on le découvre chanteur enthousiaste, espliègle, heureux d'être de retour sur scène pour offrir à un public trop jeune pour l'avoir déjà vu live ses titres les plus connus. Et s'il ne les interprète pas tous - à notre grand désarroi - Jacques Dutronc nous en offre suffisamment pour nous faire sauter au plafond, nous emmener avec lui au coeur d'une période oubliée où l'on pouvait chanter ce que l'on voulait sans se mettre en danger d'être poursuivi en justice. Subversif, chaleureux, loin des étiquettes que l'on a pu lui coller sur le dos, entouré d'un groupe de vieux routiers, Dutronc se lâche sans retenue et nous collerait au plafond s'il y en avait un. Un regret ?... Oui, que le rappel n'ait duré que le temps d'un seul titre, déjà chanté par ailleurs en ouverture du set, et que monsieur Jacques n'ait pas voulu - ou pu compte-tenu de sa fatigue - nous en donner un peu plus.

Autant dire que le challenge était compliqué, après un tel déluge de tubes, pour notre ami Balbino Medellin (on vous spoile un peu le truc mais rendez-vous très vite dans le magazine pour une surprise offerte par le gitan de paname). Deux guitares, une voix, un accordéon, pourquoi chercher la complexité quand on a le charisme et la puissance de Balbino ?!... Rien à dire de plus, il se dégage de ce chanteur une force et une puissance que peu d'artistes peuvent lui contester. Sans artifice et sans hypocrisie, il nous raconte son monde, le monde, nous entraîne dans des ruelles sombres où les sourires sont rares mais où chacun a le droit d'exister et de se faire une place au soleil. Comme a son habitude, Balbino emporte le morceau à la force du poignet, sans jamais relâcher la pression, finissant sur un "Perpignan" chanté en choeur par un public acquis à la cause. Un concert magnifique de plus qui nous donne encore plus envie d'écouter son prochain album dont la sortie est prévue en janvier prochain...

luceUn peu plus d'une heure du matin. Les yeux se font lourds, les jambes crient à l'injustice et pourtant il nous faur tenir car celui qui déboule comme un lutin fou sur scène en vaut la peine. Avec ses petites tranches de vie, ses chansons douces qui fleurent bon l'enfance, Renan Luce nous enchante désormais depuis un bon moment et chaque occasion de le voir live nous confirme tout le bien que l'on pense de lui. Frais, sans prétention, adorant partager avec le public, Renan est une invitation aux calins, un feu follet sautillant qui nous pousse à chanter avec lui refrains et couplets. Un set comme un bouquet final qui nous laisse complètement exténués et heureux...

Tard, trop tard pour nos cerveaux embrumés, nous voici sur le chemin du retour. Repus, nous pourrions avoir un petit coup de blues tant chaque prestation de cette soirée était fabuleuse. Et pourtant non, la nuit nous cueille avec le sourire. Etonnant me direz-vous ?... Que nenni car dès demain, à 17h tapantes, nous serons de nouveau sur le site pour en prendre encore plein les oreilles et les yeux... Iggy, chauffe-toi bien car nous, nous serons tous en pleine forme...

A lire aussi : Le deuxième jour (Iggy Pop, BB Brunes, Eiffel, Izia ...)

et le dernier jour (Saez, Deep Purple, Gossip...)

Voir les photos des déferlantes 2010

 

 

 

 

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